Eloge de l’apprentissage par Pascal Payen Appenzeller

L’ECOLE DE LA BONNE GRAINE A FÊTE SON 150ème ANNIVERSAIRE ET PASCAL PAYEN-APPENZELLER EST VENU DANS NOTRE SHOWROOM POUR UNE SIGNATURE DU LIVRE EDITE POUR L’OCCASION.

Le choix du lieu n’était pas dû au hasard. En effet le quartier de la Goutte d’Or compte de nombreux ateliers et en novembre 2017 il s’est vu attribué le « Grand prix Territoire – Geste d’Or », en reconnaissance notamment de son caractère manufacturier.

Créé sous les auspices de l’impératrice Eugénie, le patronage des enfants de l’ébénisterie a ouvert ses portes en 1866. Devenue La bonne graine en 1981, du nom de la rue du 11 ème arrondissement où l’école s’est installée, elle prépare aujourd’hui à une dizaine de métiers manuels.

L’école se concentre sur le savoir-faire et se limite de fait au CAP. «C’est voulu, car dans beaucoup de ces métiers, il n’existe pas de diplômes au-delà», explique Jérôme Théveny, le directeur de l’école, qui était présent également ce soir-là.

A l’issue de la soirée, Pascal Payen-Appenzeller nous a envoyé le poème suivant :

Les vestiges ne sont pas des reliques

Tout doit disparaître pour laisser renaître la pierre comme  feuille des vieux printemps qui soulèvent  la terre vers les nouvelles ères fertiles

Ce matin d’une Pentecôte me rappelle le 17 mai 1959 jour de fête de mon saint patron et de notre première communion parents compris

Je reçus alors la montre Universal de Genève que je n’ai jamais réussi à perdre et à laquelle j’ai confié le temps réparé de ses pièces introuvables

On ne sait jamais quand la mémoire commence  ni la fin des enfances sauf à considérer avec Kafka que l’inconsolable dépend de la consolation

La journée que je trouve devant moi a trouvé son corps dans ma vie passagère dont je lui fais offrande provisoire car  comment ne pas se perdre chaque jour

La lumière est étale et rien ne dépare les horizontales rassurantes des nuages qui planent sur la ville avec le même souci de la mesure que l’histoire revue par les urbanistes

L’histoire belle  amoureuse des ordres repoussant le chaos et confiants dans l’espace qui vient des deux côtés du bas et du haut- tout ici monte du fleuve rejoint par l’ombre

Vous voyez comme il est aisé de s’égarer et les augures félicitent le poète de risquer sa vie au point de ne pas être reconnu de ses anges ou de ses anciennes évocations

Le monde s’effondrerait qu’il ne pourrait échapper à la promesse de humus et la parfaite reconnaissance des cartes auxquelles nous sommes dédiés depuis l’an zéro de l’INFINI.