Eric Boulatov, « Le printemps à Florence »

« Le Printemps à Florence ». C’est le nom d’un film réalisé par Tatiana Pinskaya sur le peintre Erik Boulatov et présenté à l’Ambassade de Russie à Paris en octobre 2013. Nous avons eu l’honneur d’être l’un des sponsors.

Le film a été diffusé à nouveau en février 2017 au Centre Pompidou, à l’occasion du cycle de conférences Kollektsia+.

Il met en scène un voyage de l’artiste à Florence, en compagnie de sa femme, au cours duquel il revient sur les sources d’inspiration qui ont guidé son cheminement artistique tout au long de sa vie.

Le travail d’Erik Boulatov est un dialogue entre la figuration et l’abstrait : l’abstraction qui se transforme en concret, de même qu’à l’inverse un motif très concret peut devenir abstrait. Il navigue entre plusieurs courants, on l’a parfois classé dans le pop art, dans le photoréalisme et même dans le conceptualisme. En fait, il ne se reconnait dans aucune école, pour lui la peinture doit exister par elle-même avant toute explication.

Ses peintures sont souvent de grands dessins méticuleux, réalistes et colorées, à la composition rigoureuse et avec une lumière travaillée : des ciels, des personnes ou encore des paysages ou des villes. Les ciels bleus, métaphoriquement poétiques et riches, sont recouverts d’expressions ironiques en russe, comme des emblèmes, telles que : « Gloire à l’URSS », « Marque déposée », « Ne pas s’appuyer dessus » ou « Attention ! ».

A travers cette utilisation du langage il symbolise le rôle du Gouvernement dans le contrôle de toutes choses. L’idée que les pensées et les sentiments sont (encore) propres à chacun est accentuée par le fait que les sujets sont exclusivement relatifs à la vie extérieure et publique : la vie intérieure est au-delà des limites de la loi et des mots.

Erik Boulatov, né en 1933 à Sverdlovsk, dans l’Oural, a suivi des études artistiques dans le célèbre Institut Sourikov à Moscou qui dispensait un enseignement rigoureux où les noms de Malévitch, Kandinsky ou Chagall étaient proscrits. Excellent dessinateur, il vécut d’abord de ses travaux d’illustrateur pour livres d’enfants. Refusant l’art officiel, son travail a longtemps été considéré sans valeur artistique par les autorités soviétiques.

En 1988, il réalise sa première exposition personnelle à la Kunsthalle de Zürich puis au Centre Pompidou. Il s’installe à Paris en 1991 et son œuvre bénéficie alors d’une visibilité qu’elle n’avait jamais connue. Il expose à la galerie Dina Vierny en 1992, à la galerie Phyllis Kind à New York en 1994, au Musée Maillol à Paris en 1999, puis la galerie Tretiakov à Moscou lui consacre sa première rétrospective en Russie en 2003.

Plus récemment, il a exposé au MAM, à la Fiac et à la galerie Pièce Unique à Paris. Ses œuvres sont présentes dans des collections privées et publiques aux États Unis, en France, en Allemagne, au Luxembourg et en Russie.